Le Quartier chinois virtuel de Québec
Portraits des bâtisseurs
 

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Elle est alors influencée par le directeur de la retraite qui lui conseille d'entrer chez les Franciscaines Missionnaires de Marie. Après avoir lu de la documentation sur cette Communauté, elle décide d'y entrer le plus tôt possible. Son parrain et sa marraine apprenant la nouvelle ne sont pas du tout d'accord. D'après eux, elle est trop jeune... Auparavant, elle doit enseigner quelques années ! Dans le but de gagner leur assentiment, Gertrude décide de se plier à leur exigence. Avec le temps, comme la tempête ne semble pas se « calmer », elle prend la décision de partir définitivement de chez son parrain et sa marraine et d'entrer chez les Missionnaires de l'Immaculée Conception de Montréal le 8 août suivant. Le départ de l'Abitibi est pénible pour chacun, mais elle demande au Seigneur de les aider et de les consoler.

« Seigneur, mon âme en Toi se confie. » Ps 56

Après avoir fait les démarches nécessaires, c'est le 8 août 1936 qu'elle se rend à Pont-Viau pour réaliser son rêve ! Sa période de formation commence; six mois de postulat et deux ans de noviciat. Elle émet ses vœux temporaires le 1l février 1939 et trois ans plus tard, ses vœux perpétuels.

Sa première nomination l'oriente vers Rimouski en 1939 où elle se dévoue aux services communautaires et ensuite à Sainte-Marie de Beauce jusqu'à 1948. Au mois d'août de cette même année, son rêve missionnaire se réalise, elle part pour la Chine ! C'est sur un ancien bateau de guerre qu'elle s'embarque et quitte le Canada vers l'Orient à destination de Shek Lung, une léproserie de plus de 700 patients où elle va exercer sa mission. Dès les débuts, elle sait gagner la confiance de ses malades, car ils sentent qu'elle les aime et qu'elle n'a pas peur d'eux. Gertrude nous dit : « Je me croyais au paradis! Ces malades sont si remplis du Seigneur qu'on oublie les traits déformés et les chairs éclatées ». À travers ce travail et celui de commissionnaire, elle apprenait le cantonais.

Peu de temps après son arrivée, elle doit faire face à des invasions de brigands qui en veulent aux religieuses. Elle doit passer son premier Noël cachée dans un grenier afin de protéger la vie d'une jeune fille menacée. Malgré le danger de la part des brigands, les Sœurs continuent de soigner leurs malades. Bientôt c'est la guerre civile avec l'arrivée des forces communistes. Le 3 juin 1952, les Sœurs sont expulsées... Elles se réfugient chez les Missionnaires de l'Immaculée-Conception de Hong Kong. La mort dans l'âme, elles doivent quitter leurs chers malades en détresse. En même temps qu'elles, une vague de réfugiés fuit aussi à Hong Kong. Soeur Gertrude trouve le moyen de les aider, quand ils se présentent à la porte de notre école de Tak Sun. Elle enseigne aux petits, donne des cours privés, anime la liturgie le dimanche et s'occupe de la pastorale des sacrements. Apôtre infatigable, c'est après un séjour de quatre ans en Chine continentale et de neuf à Hong Kong qu'on lui conseille de revenir au Canada pour un an ou deux afin de se reposer. Nous sommes en 1961.

Après quelques mois de repos à la Maison-Mère, l'œuvre chinoise de Québec requiert ses services. Les nombreux arrivants chinois ont souvent besoin de ses services d'interprète et autres. En effet, ce service s'accroît et est de tous les jours, de toutes les heures et souvent même la nuit. Sa connaissance de la langue lui permet d'être appelée comme interprète, tantôt à l'hôpitaL pour rendre service à un malade qu'on ne comprenait pas, tantôt au Bureau d'Immigration pour défendre les droits des immigrants chinois nouvellement arrivés, ou encore au Bureau d'Éducation pour placer des enfants dans les écoles.

Sœur Laforest 03

 

 

Première édition 21 février 2008
Modifiée le 19 octobre 2010