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généralement autour de quelques rues appelées
par ceux-ci Tangren Jie (rues chinoises).
La population occidentale dénomme souvent
celles-ci comme étant l’endroit des hommes de
Chine, la communauté chinoise ou le quartier
chinois. Éventuellement, le terme « Chinatown »
est devenu un standard presque partout en
Amérique du Nord pour qualifier ces lieux. La
géographe Kay Anderson fait remarquer que ce
terme est occidental et qu’il réfère à une
conception raciale de la société à cette époque.
Ce regroupement physique permet aux Chinois de
rester en contact avec leurs compatriotes afin
de conserver le plus possible leur mode de vie
traditionnel. La détermination de l’endroit où
se situe le « Chinatown » est également
expliquée par des considérations plus
pragmatiques; comme les possibilités
commerciales des lieux et le faible coût des
habitations. Ceci justifie pourquoi ils se
retrouvaient, généralement, dans des quartiers
pauvres d’un centre-ville. Le nombre restreint
des Chinois à Québec durant la première moitié
du vingtième siècle ne justifie pas
l’utilisation du terme « chinatown » pour
décrire cette concentration d’individus de même
provenance. Par contre, dans la petite
agglomération chinoise de Québec, certains
commerces répondaient spécifiquement aux besoins
de la communauté. Par exemple, le 136 Côte
d’Abraham, abritait une épicerie chinoise où
l’on pouvait trouver des aliments asiatiques
ainsi que divers objets provenant directement de
Chine.
À Québec, comme partout ailleurs dans les villes
de l’Amérique du Nord, où ils sont présents, les
Chinois créent des institutions sociales et
culturelles qui répondent aux besoins de leur
communauté. Celles-ci permettent aux Cantonais
de régler leurs problèmes entre eux. Ils ne
font, bien souvent, appel à une aide extérieure
que dans un dernier recours. En Chine, tant en
campagne qu’à la ville, les associations
bénévoles étaient courantes. Les immigrants
chinois arrivèrent donc au Canada avec cette
notion communautariste. Les associations se
voulaient des lieux d’entraides,
particulièrement dans le domaine économique. Les
membres les plus fortunés accordaient des prêts
aux moins bien nantis à des taux d’intérêt très
avantageux. Ces regroupements servaient aussi à
exprimer une certaine spiritualité. Elles
aidaient à l’érection et à l’entretien de lieux
de cultes pour les ancêtres communs de la lignée.
On s’y occupait aussi du retour des restes des
cadavres des Chinois en Chine.
Il existait également d’autres organisations qui
possédaient comme principe l’allégeance commune
à un parti politique de Chine. C’était le cas,
par exemple, du Kuomintang (Parti Nationaliste)
à Québec. Dans les années 1920, cette formation
comptait entre 120 et 150 membres actifs dans la
ville.
L’édifice servant à cette association devenait
également un lieu de réunion et de rencontres
pour les Chinois de Québec. Dans le même
édifice, sur la Côte d’Abraham, on retrouvait
une épicerie chinoise où les Cantonais pouvaient
s’y approvisionner en aliments et objets de
provenance chinoise.
Parfois des personnalités politiques importantes
de tels partis venaient collecter des fonds en
Amérique du Nord. Ce fut le cas pour Sun Yat-Sen
avant la révolution de 1911. Dès les années
1910, la communauté chinoise de Québec est
divisée entre les partisans du Kuomintang
nationaliste et le Chi Kong Tong, une société
voulant la création d’une monarchie
constitutionnelle en Chine. Cette divergence
idéologique fera avorter une tentative de
création d’une société de protection mutuelle.
Les associations pouvaient également servir de
lieux de loisirs pour les membres de la
communauté. Pour se reposer, lors de leurs rares
moments libres, les Chinois se regroupaient
parfois au local d’une association pour jouer à
des jeux de hasard
et pour se raconter leur vie de tous les jours.
Ils servaient aussi à préparer la célébration de
fêtes importantes pour eux; comme le Nouvel An
chinois. Nous ne savons pas, malheureusement, si
un réseau d’entraide économique était en usage
dans la communauté chinoise de Québec. Cela
s’avère probable, car cela était un phénomène
courant dans les « chinatown » au Canada et dans
d’autres pays à l’époque.
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