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d’individus de ce groupe ethnique proche de leur
milieu de vie. Des pétitions furent également
envoyées aux instances municipales pour décrier
les supposés vices des Chinois. Par exemple,
l’effet de considérer tous les Chinois comme des
drogués à l’opium est un cas typique de tels
préjugés irrationnels.
L’ignorance des usages et coutumes des autres
peuples peut, en partie, expliquer cet
acharnement des citadins de Québec à discriminer
des gens d’une autre origine ethnique.
Les syndicats internationaux ne sont pas très
loin lorsque vient le temps de dénoncer la
concurrence des Chinois dans le domaine de la
buanderie à Québec et dans d’autres villes du
continent. Voici comment l’on décrit les
buanderies chinoises dans le journal Le
Soleil du 19 novembre 1910 :
« Les buanderies Chinoises font un tort considérable à nos
buanderies nationales… Il n’est pas exagéré de
dire que chaque Chinois se fait un salaire de
$25.00 par semaine. Et tout l’argent que nous
leur donnons ainsi ne profite aucunement à notre
ville : car, 75 p.c. au moins de cet argent est
envoyé en Chine…ces ateliers de Chinois sont
pour la plupart des foyers infects, où ceux qui
les fréquentent sont exposés à contracter des
maladies, et nous n’ignorons pas non plus que ce
sont trop souvent, de même que leurs
restaurants, des centres d’immoralité… »
De multiples fois, des Chinois doivent affronter
les moqueries et les insultes des passants
occidentaux. La violence n’est pas seulement
psychologique et symbolique. Les journaux
rapportent de nombreux actes de violence
physique envers les Chinois et de vandalisme
contre les commerces portant des idéogrammes.
Voici un exemple tiré du journal Le Soleil
du 28 août 1903 qui décrit bien ce genre
d’événement. « Deux Chinois qui tiennent une
buanderie sur la rue Saint-Joseph ont été
attaqués dans le noir. Il paraît que des jeunes
gens étaient entrés dans la buanderie et se
mirent à faire du tapage. Les Chinois essayèrent
de les mettre dehors. Les passants voyant la
chose, entrèrent et se mirent à battre les
Chinois. »
Cette atmosphère xénophobe peut s’expliquer par
la vision que les Québécois possédaient de
l’étranger à l’époque. Une idéologie ultra
nationaliste ambiante attribuait
l’identification des Canadiens français à la
race blanche exclusivement. « La construction de
l’identité des Canadiens français se fait aussi
en prenant pour contre-modèles d’autres groupes
comme les Indiens, les Chinois et les juifs du
Québec, de même que les Mexicains et les
immigrants japonais rencontrés à l’étranger. »
Cette conception de la « race » au Québec
entraîna nécessairement une vision négative du
métissage culturel et racial. Certains auteurs
de la fin du dix-neuvième siècle « proclament
l’homogénéité ethnique du peuple, ou se
félicitent de ce qu’elle constitue une barricade
infranchissable pour l’étranger. »
Les anglophones de la province se déclaraient
également défavorables à l’immigration de
Chinois dans la province.
En 1899, the Gazette écrit : « John
Chinaman is too much with us, not only in
Montreal, but in all the cities and large towns
of Quebec and Ontario. He displaces Christian
labour, and is in no sense a welcome or
desirable addition to our population. »
Pour conjurer leur marginalisation sociale, les
Chinois en diaspora, eurent recours à divers
stratagèmes internes à leur communauté. Les
« Chinatown » sont le fait du regroupement
géographique des immigrants dans un quadrilatère
bien déterminé. Les Chinois se regroupent
Les origines 04
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