communautés chinoises s’y installent plus ou
moins rapidement.
Quand l’interdiction d’immigration des
Chinois au Canada est déclarée par le
gouvernement fédéral en 1923, ils se
dénombrent entre 450 et 500 dans la ville de
Québec.
C’était majoritairement des hommes seuls.
Les femmes étaient très peu nombreuses. Le
ratio de femmes et d’hommes sera toujours
inégalitaire parmi cette population. Par
exemple, en 1921 on compte une femme
chinoise pour 19 hommes de la même
provenance.
Selon le Père Adrien Caron, en 1934 la ville
de Québec ne compte pas encore de Chinoises.
À partir des années vingt, le nombre de
Chinois présent à Québec connaîtra une
diminution progressive jusqu’à la fin des
années quarante. Pendant toute la première
moitié du vingtième siècle cette population
demeure presque exclusivement masculine.
Comme nous l’avons déjà mentionné, ce sont
des motivations économiques à court terme
qui expliquent leur présence dans cette
ville. Comme la plupart des immigrants
temporaires de cette époque, ils occupèrent,
dans la majorité des cas, des emplois très
peu valorisants et mal payés. Ils se
concentrèrent dans les domaines de la
restauration et de la blanchisserie. Ils
ouvrirent plusieurs commerces dans ces
domaines économiques, car cela ne demandait
pas un trop grand investissement financier
et les risques de fermeture n’entraînaient
pas de conséquences néfastes importantes. Il
arrivait fréquemment que plusieurs Chinois
s’associent dans un commerce de buanderie
pour avoir assez d’argent afin de démarrer
l’entreprise. En 1910, on dénombrait pas
moins de 20 buanderies chinoises à Québec.
Les Chinois devaient travailler de longues
heures pour être en mesure de mettre un peu
d’argent de côté. Il n’était pas rare qu’ils
travaillent six ou sept jours par semaine et
plus de 14 heures par jour. Leurs tarifs
étaient très bas pour attirer une clientèle
locale pas très fortunée elle non plus. De
plus, ils logeaient souvent sur les lieux
mêmes de leur travail. Pour éviter les
dépenses inutiles, ils habitaient souvent
plusieurs dans de minuscules appartements
adjacents à leur lieu de travail. Après
quelques années de présence à Québec,
certains Chinois amassent assez d’argent
pour ouvrir de petits restaurants servant
des mets chinois modifiés pour convenir aux
goûts des Occidentaux. Le Père Adrien Caron
en compte 30 à Québec en 1936.
Ils durent rapidement affronter l’hostilité
d’une partie de la population blanche de la
ville. Par exemple, en 1910 il existait une
« Ligue Anti-Péril Jaune » ouvertement
sinophobe à Québec.
Celle-ci était une branche de l’organisation
de Montréal. Elle était toutefois moins
virulente dans ses actions que sa
contrepartie de l’Ouest canadien et des
États-Unis.
Au Canada, cette organisation est née en
1907 à Vancouver pour contrer l’arrivée
d’immigrants asiatiques au pays. Celle-ci
apparut par la suite, dans diverses autres
villes canadiennes.
Le Soleil du 9 juillet 1913 nous
résume sa principale motivation. « La Ligue
(contre le Péril Jaune) s’oppose absolument
à l’immigration des Jaunes dans le Canada.
Elle entend organiser des succursales dans
toute la province de Québec… » Comme
à Montréal, des gens se plaignent de la
concurrence supposément déloyale que cette
population représente pour les commerçants
occidentaux.
Plusieurs individus écrivaient dans les
journaux pour dénoncer la présence
Les origines 03