|
L’été 1963 allait être
marqué par la collision de deux cargos en face
de
Petite-Rivière-Saint-François.
Le Tritonica avec
une cargaison de minerai de fer se dirige vers
Sorel lorsque, par une nuit brumeuse de juillet,
il heurte le
Roonagh Head. Trente-trois marins,
tous des asiatiques, périssent dans le naufrage
et l’on n’en retrouvera que vingt-six.
Dès le lendemain, Robert Lépine reçoit l'appel
de la Snowberry Shipping. On lui demande de
récupérer toutes les dépouilles jusqu'à ce
qu'une décision soit prise sur la façon d'en
disposer. Plusieurs transports seront effectués
dans les jours qui suivront afin de recueillir
les corps qui sont retrouvés sur les rives
environnantes de Charlevoix. Un peu plus d'une
semaine après le naufrage, le dernier de ces
marins est aperçu sur le rivage de la pointe des
Îlets à l'île aux Coudres. Il est dans un état
de putréfaction avancée. La nouvelle se répand
rapidement et sa récupération donne lieu à un
rassemblement de plusieurs résidents de
l'endroit poussés par la curiosité et faisant fi
des émanations.
Toutes les dépouilles
seront déposées dans vingt-six cercueils
identiques. Quelques jours plus tard, elles
seront exposées en chapelle ardente, rue
Saint-Vallier. Huit d'entre elles seront
inhumées à Québec et les autres seront
incinérées à Montréal car il n'existait pas
encore de four crématoire à Québec.
Pour
la cérémonie religieuse, on eut recours à l'abbé
Adrien Caron, le dévoué aumônier de la Mission
Chinoise de Québec, qui, comme il en avait
l'habitude, lunettes sur le bout du nez, présida
à une brève liturgie en présence de quelques
membres de la communauté chinoise de Québec. Par
la suite, après de nombreuses formalités
d'usage, c'est la Maison Lépine qui procédera à
l'expédition des cendres de chacun des défunts
dans son pays d'origine.
|